Bariloche last day

Récits de voyage > journal de voyage
Argentine - Bariloche
de Chloé, le 28-03-2008

Bariloche last day

Ce matin je prends mon petit dej à la terrasse d'une des meilleures chocolaterie-patisserie de la ville où ils servent des vrais croissants, c'est à dire sans truc collant dessus et avec plus un gout de beurre que de sucre. Home sweet home...Le spectacle est assuré par un mec vétu d'un blouson en jean tacheté très 80's qui fait des allers retours avec son chien sur 200m en hurlant. Il ne parle à personne n'a rien à revendiquer, il philosophe tout seul et à voix très haute, j'ai capté "c'etait ca au Far-west, c'etait l'alcoool qui faisait avancer les chevaux" et lors d'un autre passage "c'est ce dont parle Charlie Chaplin dans ses films, de la solitude en Russie". Si tu le dis...N'empeche que dans le décor cossu de Bariloche c'est rafraichissant cette bizarrerie.
Ensuite direction le Cerro Otto, un des sommets autour de Bariloche. Pour y aller il faut prendre un bus puis un telepherique, autrement dit : des oeufs ! Ca doit faire presque dix ans que je suis pas montée la dedans et je suis ravie ravie : les CLONG-CLONG du départ et de l'arrivée suffisent à me faire entendre les cliquetis des skis et des batons, souvenirs, souvenirs...
A l'arrivée au sommet, pas de neige ni de skieurs mais une vue superbe sur la ville, le lac et les iles qui le parsement (et aussi l'etrange possibilité de visiter le musée Cerro Otto qui contient exclusivement des reproductions d'oeuvres de Michel-Ange...). Pas grand chose à ajouter sur ce très beau paysage, c'est comme hier mais vu d'une autre perspective.
Après une heure au sommet je redescends me balader dans Bariloche. Je ne vous ai pas encore beaucoup parlé des nombreux plaisirs de cette ville: le centre est fait de maisons en bois, comme un peu partout en Patagonie, essentiellement des boutiques qui, curieusement, tournent le dos à la perle du lieu, le lac Napel Nahui. Immense et bleu, entouré de montagnes, il parait que ca ressemble à la Suisse. D'ailleurs j'ai entendu un couple de francais se plaindre : "autant aller en Suisse si c'est pour voir ca", ben oui mais moi j'ai pas mis la Suisse dans la liste de mes destinations de rêve alors ca me va de voir ca ici.
Autre aspect suisse de la ville : c'est LA ville argentine du chocolat, autrement dit l'endroit idéal pour apprendre une mauvaise nouvelle. Depression ou kilos, choisis ton camp camarade ! J'ai choisi les kilos et ai multiplié les degustations de chocolat à tomber par terre et pas chers : aux amandes, au dulce de leche, à la noix de coco, au rhum et aussi avec des trucs plus bizarres assez indefinissables (bon j'en ai pas mangé des tonnes non plus vu qu'ils les vendent sous forme de petits carrés "degustation" et pas en tablettes)
Cet après midi, à part les chocolateries et encore des librairies je fais un tour à la fascinante cathédrale de la ville. Construite en 1902 elle est haute de plafond avec un interieur en pierres non polies, elle est assez sombre (ambiance crypte super classe) ce qui fait que les vitraux colorés flashent dans les hauteurs. Mais le plus fascinant c'est la Via Crucis : ses 14 petits panneaux en argile datent des années 90 et offrent une vision très personelle des dernières heures du Christ. Parmi les 14 scènes je retiens le moment où Jésus charge sa croix, avec derrière lui la Justice qui perd son bandeau et une foule qui semble plus en manif qu'autre chose (avec meme une pancarte "pan y trabajo", "Du pain et du travail") ; le quatrième, la rencontre avec la mère où le profil de Jesus représente le continent américain; le 6ème avec Mère Theresa en guest star dans le rôle de sainte Veronique ; la troisième chute de Jesus où Martin Luther King et Gandhi l'aident à se relever; et surtout le 9ème tableau ou Jésus est dépouillé de ses vetements par un soldat en uniforme...de conquistador espagnol et où les spectacteurs, avec leurs pommettes saillantes, leurs bonnets ou leurs cheveux longs ceints d'un bandeau n'ont pas grand chose du juif de base.
D'après les notes explicatives, l'artiste a voulu montrer la portée universelle des souffrances du christ notamment en les reliant à celles du continent sud-américain. Ca se tient du point de vue du monsieur mais j'ai plus de mal à comprendre le point de vue de l'Eglise dans l'histoire, il me semble assez etonnant de suspendre dans une cathedrale un tableau où les bourreaux de Jesus sont des colons espagnols parce qu¡après tout, l'Eglise, elle est venue dans leurs poches !
M'enfin je suis pas specialiste. Je suis quand même très très fan de ce chemin de croix qui change des jolis tableaux certes centenaires mais quand même super chiants de nos eglises.

retour aux autres articles du journal

 

Commentaires sur cet article

Ajouter votre commentairee

Dernieres actualités
29/06/2008 : This is the end...
15/06/2008 : J'arriverai à Montréaaaal
11/06/2008 : Photos de New York
11/06/2008 : I'm leaving today...
09/06/2008 : Start spreadin the news...
07/06/2008 : Le train sifflera trois jours
03/06/2008 : California dreaming
02/06/2008 : Cause you had a bad day...
01/06/2008 : Voilààà c'est fini
25/05/2008 : Dans la vallée Oh oh...des Incas lalilala
22/05/2008 : Nom de Dieu !
18/05/2008 : Vous reprendrez bien une ptite ligne ?
15/05/2008 : Tutu tutu tutu tutu tutuuuu tuuuuu tuuuuuuuuuu tututuuuuuu (version revisitèe d'El Condor Pasa ! si si)
12/05/2008 : Ou comment aucun Dieu n'aime les femmes...
09/05/2008 : Arrivée au Perou. Première étape : le bout du monde


Autres liens :

Tags
Bariloche last day - Bariloche - Argentine -