Hier enfin des nouvelles du consulat (enfin il a fallu que je les appelle pour ca) :pas de passeport avant le 12, mardi prochain. Pourtant c'est ce qu'on appelle un passeport d' "urgence" !
A vrai dire ca ne modifie pas des masses mon planning des prochains jours, je n'ai pas encore eu le temps de visiter tout Buenos Aires, mais ca m'agace d'être obligée de.
En attendant j'ai passé une deuxième journée à me perdre dans les quartiers du centre. Je pense que maintenant j'ai fait toutes les rues ! J'y ai croisé mon premier spectacle de tango de rue (bien que ca ne soit pas LE quartier pour ca). Ô deception ! Ce n'était ni très gracieux ni très sensuel, voire carrément vulgaire quand le vieux pose, "pour la photo", la tête entre les seins ou la main sur les fesses de sa très jeune partenaire... En plus ils sont tout sourire et ca c'est interdit par toutes les conventions du Tango ! Heureusement un argentin à côté de moi me confirme que c'en est du très mauvais.
Il me faudra attendre mon retour à Buenos Aires pour voir un vrai morceau du mythe argentin.
Je passe une courte soirée à la reception de l'auberge. Finalement loin du bruit et de la fureur du bar-terrasse c'est beaucoup plus facile de parler entre êtres humains.
Avec Ofen (?) un israëlien (encore) je parle vins. Il me conseille sur ceux que je dois absolument goûter en Argentine et me pose plein de questions sur les vins francais. Il est pourtant apparement bien plus connaisseur que moi, à part le Bordeaux, trop cher pour lui, qu'il n'a jamais goûté il connait à peu près toutes les régions viticoles francaises. J'ai beau lui répéter que je n'y connais rien, quand je lui dis le prix d'une bouteille de ce que moi j'appelle un rouge correct ("3.25 euros le Dubreuil chez Marché +" ;-) ) il veut absolument visiter la France. J'espère bien être rémunérée au retour pour service rendu à la patrie.
Avec Juan, argentn qui travaille à l'hôtel, je cause Histoire de France. Sa période préférée ? "El Gran Terror" ! Il trouve que c'est ce dont l'Argentine a besoin ! (et hop un membre de plus pour le Comité pour la Réhabilitation de Robespierre). Nous devisons donc "guillotine et citoyens" autour d'une pizza, spécialité argentine (sans rire), à tomber par terre.
Maintenant que j'ai trouvé le truc pour éviter les ados attardés imbibés et surtout à la vue de la note (96 pesos pour 3 nuits contre 100 pour deux nuits dans ma première auberge à Buenos Aires) il est finalement probable que je fasse ici mon dernier retour dans la capitâle.
J'ai pris le car aujourd'hui pour Rosario. Les autres fois, entre mes siestes et les films nuls qui passent à la télé (et par films nuls je veux dire films nuls : j'ai vu en intégralité "Save the last dance 2" et un film avec Jean-Claude Vandamme quand même !) le temps était passé assez vite . Cette fois pas de film et pas sommeil : c'est long.
L'arrivée à Rosario est bien plus agréable. Je suis accueillie à bras ouverts à l'hôtel : embrassades, tournée du patron en mon honneur et tout le monde se souvient des endroits que j'avais prévu de visiter en partant la dernière fois. Je pourrais vous faire croire que c'est dû à mon incroyable charisme mais non, ils sont juste adorables. Et être attendue quelque part est une agréable sensation en ces contrées lointaines.
Je retrouve Markus le suisse allemand qui était là la dernière fois (le blond aux cheveux longs sur les photos) et le toulousain rencontré devant le match de rugby à Buenos Aires. Nouvelle soirée à refaire le monde avec eux deux, deux argentins, un brésilien et Vanessa, une suisse francophone.
A part le toulousain, à qui je dois donc faire la conversation, tout ce petit monde tchatche en "castellano" (en espagnol autrement dit) à prononcez "castechano" avec un "ch" qui chuinte au lieu du "yeu" prévu par la loi, typique de l'accent argentin. Je commence à me débrouiller en espagnol et à pouvoir tenir une conversation quitte à faire du grammaticalement incorrect. Le drame c'est qu'on me félicite sur mon accent, ce qui signifie que je chuinte moi aussi...Vais avoir l'air malin quand j'arriverai au Chili !