With yellow feathers in her hair and a dress cut down to there...
Après une folle journée des travailleurs, je pars hier au matin pour Copacabana sur les bords du lac Titicaca. Pour tous ceux qui se disent que j'ai craquer et que j'ai pris un vol pour le Brésil, séquence culture : la plage de Copacabana a en fait été baptisée ainsi par un marin égaré au large qui a prié la vierge de Copacabana en Bolivie et s'en est sorti. Oui oui oui.
Mon bus est á l'heure devant mon auberge et il est petit mais confortable je dors comme un bébé pendant les deux heures de route jusqu'au lac. On arrive alors au détroit entre le lac Titicaca mineur et le lac majeur et on traverse dans un bateau qui penche dangereusement du côté qui va tombe et où il y a 6 gilets de sauvetage pour 20 personnes. Zen attitude, je sais nager et la traversée est courte.
Notre bus, lui, monte sur un bac en bois tout vieux et penche vers l'avant, c'est rigolo...surtout á voir depuis la terre ferme !
Après cet épisode très routard ("oui je me souviens quand j'ai failli mourir noyée sur le lac Titicaca"), on remonte dans le car pour une heure de route et je jubile : l'eau en bas de la montagne c'est le lac TI-TI-CA-CA !!! Limite si je croyais qu'il existait en vrai !
En arrivant á Copacabana je trouve une auberge très vite et dans la cour a lieu un curieux manège : un groupe de femmes en tenue traditionnelle rose vif et des hommes avec des bizarres manteaux en carton se préparent. C'est la surprise du jour, alors que je pensais passer une journée tranquille ici avant d'aller sur l'île du soleil il se trouve que c'est la grosse fête pendant 4 jours avec point culminant aujourd'hui ! C'est la fête de "Señor Jesus de la Santa Crux de Colquepata", ça vous avance vachement mais c'est la seule info que j'ai réussi á obtenir.
Je vais donc dans le centre voir ce qui se passe. Ce vendredi c'est un défilé de groupes colorés et brillants : les femmes en costume bolivien amélioré de couleurs flashes et de paillettes, quelques jeunettes et gamines dans les même tons mais en jupes plus courtes et juchées sur des chaussures de drag-queen et surtout la quasi-intégralité des masques vus au Musée de Buenos Aires. Il y a des ours blancs et surtout d'énormes groupes de diables et de morenos, ceux ci sont des hommes qui dansent dans d'énormes vestes en carton-pâte colorées et pailletées elles aussi.
Le tout se fait au rythme de la musique et passe devant une tribune officielle où sont alignées des coupes, en grande universitaire que je suis j'en déduis qu'il s'agit d'un concours !
C'est joyeux et populaire, des tas de gens sont agglutinés pour les voir passer, assis sur des tribunes, sur les trottoirs ou sur des chaises sorties des maisons pour l'occasion.
J'y reste pas mal de temps mais au bout d'un moment ça fatigue les oreilles et ça pique les yeux et comme je suis incapable de juger de la qualité des différents groupes c'est un peu lassant, je vais donc me poser en terrasse pour un café face á l'eau et j'assiste á l'un des célèbres couchers de soleil sur le lac Titicaca. La vie est dure...
A part ça dans la ville (á condition ces jours ci de s'éloigner du coeur de la fête) c'est ambiance baba-cool, surtout dans la rue principale qui mène au port où se trouvent uniquement des jolis cafés pas chers et des boutiques d'artisanat entre lesquels slaloment les voyageurs dont une majorité á dreads. Certains semblent s'être installés (ou échoués selon les cas) ici et vendent eux même des bijoux dont je n'arrive pas á savoir s'ils les ont fait eux-méme.
Et dans ma longue série "expériences culturelles" , j'ai assisté ce matin entre deux courses á l'étonnant et quotidien baptême des voitures : des dizaines de véhicules neufs parés de fleurs et d'images pieuses s'alignent sur deux rues de la place principale et des prélat en aubes brunes ou blanches circulent entre les carrosseries qu'ils aspergent de l'eau bénite sortie de seaux en plastique. La touche finale est pour le moteur, capot ouvert avant de bénir la famille, de faire une photo souvenir et de passer á l'auto suivante pendant que les membres de la dite famille s'arrosent eux mêmes le moteur á la Paceña, la bière locale.
Plus tard je retrouve les mêmes familles attablées aux terrasses d'un autre endroit phare de Copacabana : les kiosques de la plage où on sert de la truite, de la truite et encore de la truite, accompagnée de frites, de salade ET de riz. Ça constituera la base de mon alimentation pendant tout mon séjour ici. En guise de paysage pendant le week-end c'est la plage bruissante de familles en goguette, de joueurs de baby-foot et de loueurs de pédalos ou de barques, toute cette activité étant rythmée par les klaxons de la marchande de glace. La vie est douce á Copacabana...