Je suis bien arrivée à Los Angeles mais ce fut long et compliqué.
J'ai évidemment passé une nuit blanche pour être sure d'arriver a l'heure a l'aéroport, je pensais regarder des films légers mais Gabriel un uruguayen m'a tenu la jambe la moitie de la nuit c'est donc PAS relaxée que je prends un taxi dans lequel je m'endors comme un bébé. C'est une fois dans l'aéroport que les choses se compliquent : mon sac fait 17 kilos, pas de problème; j'ai mes billets, pas de problème; mais voila que le steward prend mon passeport et le regarde sous tous les angles avec l'air panique. Et meeerde ça recommence...
Il part en coulisses avec et revient "on vérifie" puis il repart, revient, me pose une question, re-repart et revient avec une collègue a lui qui me pose des questions sur mon itinéraire, pendue au téléphone avec l'ambassade des États Unis au Pérou. Elle essaye de me sourire gentiment mais ne réussit qu’à me communiquer son stress. Ca dure une bonne demi-heure comme ca, pendant laquelle je me consume d'angoisse mais je finis par avoir une réponse : "revenez dans 3/4 d'heure, il faut qu'on appelle l'ambassade de France pour vérifier que c'est une ambassade qui a délivre le passeport mais ils ne sont pas encore ouverts" Comment ça la France de Nicolas se lève plus tard que Amérique de Bush ???
Je pense a la gentille dame qui a reçut mon courrier, elle va me détester si c'est elle qui a l'appel !
En attendant je vais imprimer mon billet électronique Montréal-Paris pour pouvoir prouver aux USA que j'ai l'intention de ressortir du pays et je tente de trouver un café, toujours sous pression et bien aidée en cela par le fait qu'aucune des horloges de l'aéroport n'a l'air d'accord avec sa voisine ce qui est très pratique dans un endroit pareil !
Je reviens au comptoir LAN et panique encore plus quand je vois les employés enlever les barrières, l'embarquement se termine et ils savent toujours pas s'ils peuvent me laisser monter à bord (moi je sais que oui mais ça leur suffit pas)
Enfin, Henry-le-stewart (j;'ai eu le temps d'apprendre son prénom) part une dernière fois en coulisses et traîne un peu mais revient et me sourit en me tendant mon passeport et ma carte d'embarquement. Ouf.
Mais ce n'est pas fini, il me reste une formalité : Comment ça ? Quelle taxe ? Comment ça 30 dollars ? Comment ça je peux pas payer par carte ? Comment ça l'avion part dans 25 minutes ? Et re-meerde !
Évidemment au distributeur, un américain prend tout son temps et fait plusieurs retraits pendant que je trépigne et je dois ensuite trottiner dans des couloirs qui me semblent sans fin pour enfin payer ma taxe et arriver au comptoir d'embarquement juste a temps, je suis dans les derniers...
Une fois a bord j'arrive enfin a me détendre : merci la déco neuve et jolie, merci la place pour mes coudes et surtout merci la télé personnelle installée devant moi qui propose sur son écran tactile 38 films, des documentaires, l'intégrale de Prison Break et Dr House et des dizaines d'albums géniaux en intégral. J'aurais pas le temps de profiter de tout ça, je m'endors après un film et le repas mais je m'endors avec l'intégrale des Doors dans mes oreilles et ça c'est chouette.
Un peu avant l'arrivée a Miami je me réveille et ai peur que ce bordel de papiers recommence, me faisant rater ma correspondance, je descends donc de l'avion un peu contente (je cherche le docteur Troy :)) un peu stressée et arrive a petits pas a la douane.
Je tends mon passeport a la douanière pas souriante, elle me demande pourquoi j'ai un passeport d'urgence, je réponds, elle prend mes empreintes, une photo (de mes yeux je crois) et me rend mon passeport accompagne d'un presque souriant "Welcome to the United States !". Je me retourne presque pour être sure que c'est a moi qu'elle parle. En 3 minutes c'est boucle je suis légalement entrée sur le territoire américain sans même avoir présenté mon billet de sortie. J'hallucine !
Je récupère mon sac et vais vers l'embarquement de l'avion suivant, encore des kilomètres de couloirs et j'arrive dans un gros bazar sans savoir ou aller. Je demande mon chemin et on me fait faire quelques aller-retours, je comprends rien, je fatigue et le très articule "Oh my god" de la première a qui j'avais demande quand je reviens la voir est particulièrement humiliant mais au moins cette fois, comme elle me prend pour une débile elle est claire. Le type qui prend mon sac me fait le premier sourire reçu depuis l'arrivée mais ça ne m'empêche pas de fondre ensuite en larmes dans les toilettes, trop d'émotions pour si peu de sommeil !
Même si je ne suis pas près de la fenêtre le vol vers Los Angeles est un peu magique : on décolle a 19h30 et on va vers l'ouest, du coup le soleil n'en finit pas de se coucher et fait rougeoyer l'horizon pendant 3 heures.
A l'arrivée a LA il y a un problème dans le métro, je dois donc prendre un taxi qui me coûte un œil et un bras mais a l'avantage de m'amener tranquillement a bon port. Et quel port ! L'auberge que j'avais réservée (la moins chère que j'avais trouvée) est non seulement située sur Hollywood Boulevard mais carrément en face du Kodak Theatre (le lieu de la cérémonie des oscars), en plein milieu donc !
Quand je descends du taxi, un noir aux fringues colorées m'interpelle "Eh Mamy goin' to travel ?", il me fait penser au "narrateur" de Pretty Woman ! Je lui souris, grâce à lui, enfin, cette journée ressemble à un bon film !
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