Hier, pour mon premier jour à New York j'avais envisagé un moment d'aller à une messe gospel dans le quartier mais en l'absence d'infos claires et d'une adresse d'église bien touristique où je serais sûre de pas déranger je prends le métro pour Manhattan direction le Metropolitan Museum of Art. Une fois sortie du tube je dois, pour y arriver, traverser Central Park excitée comme une gosse d'être là au milieu des joggers inconscients (il fait au moins 100 000 degrés). Sur la 5ème avenue (où se trouve le Met') se déroule en ce dimanche la Porto Rican Parade, sorte de Gay Pride nationale, impressionnant défilé de chars colorés, de fanfares et de pom-pom girls au milieu de drapeaux portoricains de toutes les formes portés ou brandis par des milliers de personnes (1 million de spectateur selon la police), même les flics ont leur petit drapeau !
Après un hot-dog sur le pouce j'entre avec bonheur dans le célèbre et climatisé Metropolitan Museum of Art, sorte de super Orsay-Louvre-Beaubourg national. Je dois choisir parmi des dizaines de salles et en hommage à mon souvent-imité-jamais-égalé-et-adoré prof d'histoire de l'art contemporain de licence je choisis « peinture européenne ». J'ai les yeux grands ouverts tandis que je parcours toutes ces salles et la tête qui tourne face aux noms qui défilent sur les étiquettes : Bruegel, David,,,puis Serat, Van Gogh, Picasso, Gauguin et mes bien-aimés Matisse et Cézanne. Et au détour d'une salle je me retrouve nez à nez avec un « Pardon in Brittany » tout en coiffes et en gilets...
Je passe plus tard un peu de temps dans la très belle section médiévale, un peu perplexe face à la présence des tapisseries de la chambre de Louis XV à Rambouillet à deux pas de la 5ème avenue. L'art est universel soit, alors l'Arlésienne ou un pardon breton pourquoi pas mais je suis plus dubitative sur le lit du roi de France ou des bijoux égyptiens, qui touchent plus au mode de vie d'un temps et d'un lieu, hors de leur contexte d'origine,
Après ça et en l'absence de mon appareil photo je me pose à la terrasse d'un bistrot pour un coca bien mérité avant de rentrer à Harlem pour aller voir Sex and the city dans un ciné proche de mon auberge, Le public dans la salle est bien sûr essentiellement féminin et l'ambiance y est géniale : applaudissements sur les meilleures répliques, conseils aux héroïnes chuchotés, « Oh » attendris, « Oh » consternés voire outrés quand ca tourne mal et ovations sur le happy ending. Une vraie soirée entre copines au milieu d’inconnues, j'ai adoré !
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Aujourd’hui après avoir réglé mon problème d'appareil photo (le chargeur ne marchait pas faute d'une vraie prise adaptée) je me rend au Muséum d'Histoire Naturelle et prends tout de suite une place pour le « show dans l'espace » sur les collisions dans le cosmos : sous un dôme c'est Robert Redford himself qui nous raconte l'histoire et c'est magique et passionnant. On a le droit à la naissance de la terre, à celle de la lune (en un mois seulement !) à la disparition des dinosaures et à l'avenir de notre galaxie, Robert nous explique aussi le projet de la NASA de détournement d'une astéroïde : si l'une d'elle s'approchait de la terre ils enverraient un vaisseau tourner autour pour détourner son centre de rotation et la faire passer ''à côté'' et pas ''sur'' la terre, C'est bien la peine de refuser de signer les accords de Kyoto pour s'emmerder à trouver une solution pour une potentielle menace à notre survie venue de l'espace…
En sortant de là je suis encore toute fascinée et toute émue et j'ai, le temps d'une demi seconde, une impression stupide en voyant une photo de la terre vue de l'espace : la même que quand je vois un drapeau français « tiens c'est marrant de voir la maison ici ! » (!)
Après manger je vais dans les autres parties du musée : ses animaux du monde empaillés, ses cailloux et l'histoire de l'homme, J'arrive à me contrôler face à une araignée de mer géante alors ok c'est pas une mygale et elle est morte mais normalement je défaille face a une araignée de mer dans mon assiette et suis par conséquent très fière de moi !
En sortant du musée je marche des heures sur Broadway et Times Square qui ne dément pas l'image d'Epinal pleine de voitures, de néons et d'écrans géants. Je fais un tour dans quelques magasins hallucinants en particulier le M&M's world, trois étages de Merchandising pour une marque de bonbons (!) où OK je trouve sympa le mur de pastilles de toutes les couleurs même les plus inédites mais où je me demande qui s'achète des sous vêtements M&M's ( !!!), le MTV store sur le même principe mais en plus petit et pour une chaine de télé cette fois et le Toys'R'Us le plus grand magasin de jouets des Etats Unis où on trouve un dinosaure géant qui bouge mais pas un seul jouet Harry Potter !
Je marche si longtemps, les immeubles sont si hauts et il fait si chaud que je finis par avoir le tournis et rentre à l'auberge en prévoyant d'aller dormir tôt mais alors que je suis sur Internet je retrouve Sarah la turque-allemande rencontrée en Patagonie ! J'hallucine ! Elle n'est même pas dans la même auberge que moi, elle est passée fixer un rendez-vous à d'autres gens qui me proposent de les accompagner pour une soirée dans une boite de jazz à Harlem ! Je réfléchis à peu près 5 secondes et file me changer,
Nous sommes 6 : Sarah et moi, un américain, Cyril un camerounais qui a vécu a New York, Katerina allemande de 20 ans qui se fait un petit tour du monde et Isabel, suédoise qui étudie le chant Jazz. Guidés par Cyril on monte à 6 dans un taxi clandestin conduit par un sénégalais en direction du St Nick's club, un peu plus loin dans Harlem.
C'est tout comme j'imaginais : quelques marches pour descendre (« Un peu partie, un peu naze j'descends dans la boite de jazz,,, ») des portraits aux murs, une petite scène et des petites tables rondes, l'ensemble pas trop propre, pas trop neuf et pas trop grand, Laissant à part ces messieurs qui se font un peu lourds on s'installe sur une table toutes les 4 et on commande du rouge parce que quitte à faire snob on a décidé d'aller jusqu'au bout. Ce soir c'est jam session et le groupe de base est ponctuellement complété par des improvisateurs venus avec trompette, trombone ou saxo. On n’est pas super installées et je suis géographiquement un peu à l'écart et je me laisse complètement portée par l'atmosphère et la musique que, pour être franche, je découvre complètement. J'aime vraiment beaucoup,
Après un set d'une heure et demie je sors faire quelques pas avec Isabel et on commence à discuter avec le saxophoniste qui a fait quelques passages sur scène : il s'appelle Lester et c'est un personnage passionnant à la fois jazzman, ancien prof d'histoire en lycée et étudiant en master d'histoire. Avec Isabel ils parlent jazz en pros et moi j'écoute fascinée sans y comprendre grand chose (des restes de ma jeunesse rock’n’roll sûrement j'adooore écouter des musiciens parler musique) et on parle aussi histoire et politique (« yes we can » of course). Ca dure un bon moment mais le show reprend et on retourne à l’intérieur pour s'installer à la table libérée entre temps au pied de la scène. J'apprécie encore. Au bout d'un moment le groupe s'arrête et son leader prend la liste des inscrits pour un tour de chant. La première de la liste est apparemment partie et on désigne en chœur Isabel volontaire pour la remplacer. Elle y va sans se faire trop prier et je suis séduite, elle a une voix toute douce et son interprétation me plait parce que contrairement à celle qui passe après elle, elle n'en fait pas trop, gracieux. Je n'y connais rien mais apparemment c'était pas mal puisque plusieurs personnes viennent ensuite la féliciter. La soirée se poursuit jusqu'à 3 heures du matin et je repars avec le cd de Lester en ayant passé une super soirée. J'en redemande et pas seulement parce que j'étais avec des gens sympas. Ce soir, à Harlem, serai-je tombée amoureuse du jazz ?
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