| Mercredi départ a 16h d’Hollywood boulevard avec mes tonnes de bagages pour Union Station, la gare de Los Angeles ou j’embarquerai a bord de mon train. Je suis très en avance mais ca me permet d’avoir le temps de prendre un café et un bagel et d’acheter un peu de lectures pour me distraire du livre d’Obama que j’ai acheté à LA dans un grand élan de curiosité, et surtout de l’eau et des trucs a grignoter en route je me suis organisée comme un pied. La gare est magnifique et je frissonne quand je vois écrit sur le distributeur qui me donne des sous : Wells Fargo. Je suis Calamity Jane ! A l’heure du départ je suis très déçue de me retrouver cote allée et pas prés de la fenêtre mais heureusement jusqu'à la nuit on est dans une immense banlieue qui doit être celle de Los Angeles (appelez moi Sherlock Holmes). Pas passionnant mais je prends mes marques dans le train ce qui est beaucoup plus intéressant : j’ai adopte pour un moment la voiture lounge aux grandes fenêtres et juste au dessus de la cafeteria (oui parce que c’est un train a deux étages). C’est l’endroit le plus intéressant non seulement pour voir les paysages mais surtout les autres voyageurs avec lesquels il m’est tres facile d’engager la conversation grâce à mon copain Barack qui me sert de sésame. Je ne fais pourtant qu’un court bout de causette ce soir je tombe de sommeil JOUR 2 La nuit fut courte, pas très confortable et un peu froide mais l’avantage d’être réveillée tôt et que j’ouvre les yeux en plein western : a l’horizon des montagnes carres au milieu d’un paysage rocailleux. Le train circule des heures entre des bas plateaux et moi je cherche les indiens. Je les trouve a Albuquerque, au Nouveau Mexique, ou on fait un arrêt d’une heure et demie le temps de faire je sais pas quoi au train, et ou quelques uns vendent bijoux et tissus. Je fais dans le shopping utile et repart avec une couverture Navajo bien chaude a 5 dollars. La gare est trop excentrée pour faire un tour dans la ville et c’est dommage parce que moi qui aime les trous paumés la j’aurais été servie. Et le train repart… Les paysages changent doucement tandis que je m’endors pour me réveiller aux alentours de Las Vegas au milieu d’un désert de sable qui se change en pierre entre mon siège et la voiture lounge. Wow on se calme j’ai même pas eu le temps de prendre une photo ! Dans l’ensemble c’est assez difficile de raconter un voyage en train : comme je ne prends pas mon carnet toutes les 5 minutes je n’ai pas note la description de tous les paysages traverses et on ne peut pas dire qu’il s’y passe grand-chose. Je bouquine mais moins que je pensais parce que je regarde le paysage, je prends de temps en temps un café ou un snack (étonnamment pas chers quand on est habituée a la SNCF) et je parle un peu avec les gens. Je n’ai rencontre aucun autre étranger a bord, que des américains : il y a ma voisine qui rentre chez elle a Chicago et a choisi le train pour changer mais trouve ca trop long, des familles bizarrement accoutrées (Amish ?) mais plutôt sympathiques si on écarte le fait que Madame ne semble pas être autorisée a parler, un père et sa gaine à qui il a décidé de « montrer l’Amérique » et en profite pour lui apprendre la photo (elle ne lâche pas l’appareil pendant deux jours) ; il y a aussi « Mike » (je ne sais pas son nom mais il fait tellement américain que j’ai décidé de l’appeler comme ca) qui a surement été un tombeur dans les années 90 comme en témoigne le strass qu’il porte a l’oreille mais devenu beau-gosse-sur-le-retour qui après avoir travaille comme informaticien a Hawaï rentre en Iowa reprendre la ferme de papa parce qu’il est « temps qu’il grandisse et qu’il s’est suffisamment amusé» Souvent comme je l’ai dit la conversation s’engage sur mon bouquin et je m’amuse de voir leurs réponses évasives a mon innocente question « et vous vous en pensez quoi ? » quand ils sont plusieurs. Je ne vais pas leur jeter la pierre j’ai donne les mêmes à chaque fois qu’un étranger m’a pose des questions sur Sarkozy devant d’autres français. Ambiance « on va pas se fâcher » Jour 3 A 15h45 heure locale (et comme on a traverse plusieurs créneaux horaires c’est vachement difficile de savoir quelle heure il est « en vrai ») on arrive a Chicago et en vérifiant mon ticket j’ai une bonne surprise composée de plusieurs heures de libres avant de repartir. Je laisse mes bagages et mes empreintes digitales dans les consignes de la gare et part me balader. Le nez en l’air, les yeux sur les gratte-ciels en verre ou en brique je m’imagine aisément dans un film de gangsters années 30 et rêvasse comme ca jusqu'à mon arrivée au bord du lac Michigan, Seul bemol a ces quelques heures : une chaleur moite et etouffante avec un vent violent et chaud qui a le mauvais goût de decoiffer sans rafraichir, Du coup j'aurais bien marché au bord de l'eau mais d'une part je ne trouve pas le passage pietons et d'autre part « la ville des USA des festivals gratuits » offre dans le parc voisin un festival de blues je vais donc m'asseoir comme tout le monde dans l'herbe au milieu des couples enlacés, des familles parées pour le pique-nique et des bandes de potes jouant aux cartes sur fond de guitare gratouillée et d'harmonica, Ca me convient bien comme « American way of life », ca me tenterait en tout cas bien plus que LA pour y passer un moment, La prochaine fois peut etre,,, Je finis par evenir a la gare quand la nuit commence a tomber et pour la 1000eme fois en quelques mois, j'attends, Je n'ai pas pu acceder a Internet je serais donc a l'aveugle pour arriver a mon auberge une fois a New York mais arf sans ca ce serait pas drole si ? Plus que 24 petites heures avant la grosse pomme et ca chante dans ma tete (moins bien que Franck Sinatra certes) tandis qu'au depart de Chicago des feux d'artifice celebrent la nouvelle,,, Jour 4 Cette fois j'ai reussi a bien dormir grace a ma couverture de peaux-rouges et a ma voisine theorique qui m'a laissee sa place cote fenetre, Elle s'appelle Rivera et c'est une evanescente rouquine aux cheveux longs droite comme un I, elle rentre voir sa famille dans le Maine depuis Los Angeles ou elle enseigne la danse et le theatre et mange des graines macrobiotiques, Aujourd'hui encore, dans ce nouveau train je passe le plus clair de mon temps en voiture lounge essentiellement en tete a tete avec Barack et voilà le premier americain ferroviaire a me dire clairement ce qu'il en pense : j'ai de la chance mister est enthousiaste je peux donc dire aussi ce que j'en pense moi, On s'arrete encore dans quelques gares du bout du monde (je parle des arrets un peu prolonges d'environ 10 minutes qui portent le nom officiel de « smoking stop ») : Cleveland, Buffalo, Syracuse, Albany ou Poughkeepsie, ca fleure bon l'Amerique profonde,,, D'Albany a la nuit on longe l'Hudson river quelques heures et, jusqu'à Poughkeepsie, je beneficie des lumieres d'un vieux tout maigre qui porte une casquette coca sur ses grands yeux bleux, il est ancien cheminot et connait la route par cvoeur, m'annoncant tous les ponts et les phares à photographier dont il connait toutes les histoires, C'est grace a ses avertissements que je reconnais juste apres son depart l'enorme forteresse de l'autre cote du fleuve : c'est West point l'academie militaire, J'arrive a New York a 21h heure locale, Il fait nuit et la meme chaleur qu'a Chicago et j'ai le choix pour aller a mon auberge d'Harlem entre le metro a 3 euros ou un taxi pour 15, Je suis tres fatiguee, tres chargee et le metro est bonde, je n'ai pas la force (ni le courage) de me frayer un passage pour ensuite errer seule dans Harlem c'est donc cette fois que je joue à Carrie (je m'etais promis de monter au moins une fois dans une voiture jaune ce sera celle la), Je fais la queue au pied du Madison Square Garden (situé au dessus de la sortie de la gare) derriere un travesti : Bienvenue àa New York ! Dans le taxi surprise il y a la tele j'ai donc a la fois des nouvelles de Barack (l'abandon d'Hillary en l'occurence), l'occasion de jeter un oeil à un Dupleix dans Upper West side à 1 125 000 $ (je vais y reflechir) et de suivre notre trajet par GPS, enfin presque parce que des fois le point se retrouve au milieu du fleuve ce qui n'est pas super credible, Me voilà installée dans mon auberge et l'excitation d'être là a remplacé la fatigue, je dois me forcer pour aller dormir, je veux me lever tôt demain, Photos : http://www.facebook.com/album.php?aid=30059&l=baaf6&id=632900368 http://www.facebook.com/album.php?aid=30064&l=c2613&id=632900368
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